Dernier summertime du joli mulot

 Summertime: Petit jeu entre ami(e)s consistant, durant tout l'été et chaque weekend, à marier deux images. Celle d'une œuvre d'art (picturale, littéraire, performance, numérique ou sonore) et d'un cliché illustrant, à vos yeux, votre weekend ( le lien peut être coloré, esthétique psychologique ou encore symbolique )

Cette fin d'été s'avère être une fin d'été douloureuse.

C'est l'été de la séparation d'avec papa, de la difficile décision pour toute la famille -mais surtout pour maman- de le placer dans une maison plus adaptée pour lui et pour elle.

Papa souffre depuis de nombreuses années déjà de la maladie  d'Alzheimer, peu à peu son esprit s'est enfoncé dans des lieux que nous ne connaissons pas, dans ces lieux où il va seul sans nous, loin de nous.

Longtemps maman a été son rempart, sa béquille, il ne pouvait plus se passer de sa présence physique et était en permanence en train de demander où elle était, même cela ça disparait lentement.

Depuis longtemps déjà je crois il ne sait plus vraiment qui nous sommes, ne fait pas franchement de différence entre sa fille et ses petites-filles mais nous nous appliquions à faire semblant d'y croire tellement c’est douloureux

Cette maladie est difficile à vivre pour les proches, comme toute maladie me direz-vous, oui  sûrement ... mais elle suscite en nous des sentiments que nous n'arrivons pas toujours à trouver beaux parce qu'ils ne le sont pas.

Il y a eu un moment où je ne supportais pas de voir mon père ainsi diminué, je me souviens que je l'évitais, je faisais même comme s'il n'était pas là tellement je ne voulais pas qu’il soit ce qu’il était devenu. Puis il a fallu faire un travail de deuil. Etrange ... faire le deuil d'un vivant mais qui était devenu autre, faire le deuil du père qui nous a aimé, qui nous  a accompagné, porté, soutenu, consolé ... voir son parent redevenir un enfant ...

Il y a eu un moment où j’ai souhaité sa mort, plus pour moi que pour lui en osant me cacher derrière l’idée que sa vie n’avait pas de sens.

Et puis il y a eu ce  choc de l’emmener dans cet endroit et d’affronter le fait que les autres aient 20 ans de plus que lui et soient parfois beaucoup plus atteints et être envahie d’une immense douleur, de culpabilité et de honte tout en sachant qu’il fallait le faire et presque souffrir de le voir calme et souriant dans ce nouveau chez lui.

 

Mais il y a eu cet été, la chance d’avoir des frères formidables qui se sont occupés de lui et de maman quand il était au plus mal et qui m’ont évité de le voir ainsi. Qui se sont occupés des difficiles visites de maison et de nous aiguiller sur ce choix que nous portons ensemble. Meme si chez nous on ne se le dit pas facilement je les aime fort et je sais qu’ils seront toujours là.

Et il y a eu VOUS connues ou inconnues à travers les réseaux sociaux qui avaient su me conseiller, m’aider et me soutenir alors que certaines travesrsent des choses beaucoup plus dures, combattent le cancer, souffrent de la perte d’un enfant ou s’occupent d’enfants que l´ on dit différents et qui pourtant ont pris de leur temps si précieux, si occupé pour un mot, une phrase, un appel.

Il y a eu aussi  mes amies de toujours, celles qui ont connu papa il y a longtemps, celles qui connaissent cette maladie de près, celles qui n’ont plus la chance d’avoir le leur.

Cet été … je ne l’ai pas aimé

PAPA

Grâce à une amie photographe j'ai découvert le travail de MRTOLEDANO

For his project ‘Days With My Father’, Phillip Toledano spent the last two years of his father’s life photographing the progress of his dementia. He collected the images together with beautiful describing words in a book that you can get here.

He states: “My Mum died suddenly on September 4th, 2006. After she died, I realized how much she’d been shielding me from my father’s mental state. He didn’t have alzheimers, but he had no short-term memory, and was often lost. I took him to the funeral, but when we got home, he’d keep asking me every 15 minutes where my mother was. I had to explain over and over again, that she had died. This was shocking news to him. Why had no-one told him? Why hadn’t I taken him to the funeral? Why hadn’t he visited her in the hospital? He had no memory of these events.

After a while, I realized I couldn’t keep telling him that his wife had died. He didn’t remember, and it was killing both of us, to constantly re-live her death. I decided to tell him she’d gone to Paris, to take care of her brother, who was sick.

‘Days with my father’ is a journal. A record of our relationship, and the time we spent over the last three years.”

Source ignant.de

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